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1- Natura 2000, arrêté préfectoral de protection de biotope, site classé, ZNIEFF ( Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique)

2- « Les Chantiers de l'Argadem » est basé à Gras. Cette société coopérative ouvrière de production (SCOP) est spécialisée dans le bâti traditionnel (travaux sur bâtiments, décors etc.). Ils organisent des chantiers de formation pour des futurs professionnels mais aussi des chantiers participatifs pour des bénévoles.

Pivoine officinale
Lagorce : N.-D. d'Ajude - Dessin de Michel Rouvière

N.-D. d'Ajude - Dessin de Michel Rouvière

LAGORCE
Projet de restauration et de mise en valeur du patrimoine communal

Sur les plateaux calcaires du Bas-Vivarais, près des Gorges de l'Ardèche et de la Dent de Rez, entre Vallon-Pont-d'Arc, Ruoms et Vogüé, Lagorce s'étend sur près de 7 000 hectares. Des panoramas uniques sur une nature d’une grande richesse entourent les hameaux et le village de la plus vaste commune d'Ardèche. Plusieurs mesures de protection de la nature sont ici appliquées1. Lagorce offre aussi un panorama sur l'ensemble des périodes préhistoriques et historiques. De la présence humaine 40 000 ans avant notre ère aux changements agricoles des XIXe et XXe siècles, les sujets d'intérêt sont nombreux.

Vue générale de Lagorce

Lagorce (Cliché Michel Rouvière)

Aujourd'hui, la municipalité de Lagorce souhaite mettre en valeur ces patrimoines. Elle est une des rares en Ardèche à avoir engagé une chargée de mission patrimoines. Les habitants sont aussi invités à participer aux projets. Ainsi, des groupes de travail consacrés à des thématiques comme « Culture/Patrimoines », « Espaces naturels », « Développement durable », « Agriculture » sont forces de propositions auprès des élus.

Nous vous proposons ici une visite guidée des sites patrimoniaux et des projets de Lagorce.

Tout d'abord, une marche sur le sentier botanique est utile pour se « mettre en jambes ». Vous y apercevrez peut-être la pivoine (Paeonia officinalis) qui a rendu Lagorce célèbre au XVIe siècle. Exploitée pour ses vertus médicinales, elle était alors exportée dans la France entière. C’est aujourd'hui une plante protégée. En continuant sur le chemin, vous pouvez passer devant la chapelle Notre-Dame d'Ajude. Cette chapelle mariale, évoquée dans les documents dès le XIVe siècle, a peut-être été détruite durant les guerres de Religion qui ont marqué l'histoire de Lagorce. La date 1776 indiquée sur le fronton correspondrait ainsi à une reconstruction ou à une restauration. La façade principale sera rénovée en septembre 2009. Des volontaires lagorçois décroûteront l'enduit et referont les joints. Encadrés par les Chantiers de l'Argadem2, ils pourront ainsi acquérir les techniques adaptées au bâti vernaculaire. Les employés techniques de la commune, qui entretiennent au quotidien les patrimoines, participeront à ce chantier-école. La Société de Sauvegarde nous accompagne dans ce projet qui touche un bâtiment non protégé.

Lagorce : chapelle ND d'Ajude

Lagorce - Chapelle N.-D. d'Ajude (Cliché Marine Roux)

Sur ce même sentier, des groupes de travail ont entrepris de reconstituer une charbonnière afin de présenter aux visiteurs et marcheurs cette importante activité, aujourd'hui disparue, réalisée dans les bois de chênes de cette région des gorges de l’Ardèche.

Après le circuit du sentier botanique, vous pourrez remonter vers le village médiéval : les ruelles et les calades vous emmèneront du temple aux ruines du château. Vous pourrez repérer l'histoire architecturale sur les façades des maisons et admirer les setiers de la place de la Dîme. Ou serait-ce la place de l'Horloge ? Il existe un débat entre les habitants. Sans noms officiels, les places et rues de Lagorce vont devoir en adopter bientôt. Les historiens locaux et les habitants sont associés à cette recherche.

Les calades, après avoir reçu un nom, devront être rénovées. Cette entreprise de plusieurs années passera par la formation des employés techniques de Lagorce. Ensuite, sur ces passages communaux et sous forme de panneaux, des informations sur l'histoire des lieux seront présentées. Des circuits de visite pourront ainsi être proposés. L'association des « Amis de l'histoire de la région de Vallon » sera sollicitée pour être partenaire du projet. Il sera entre autres possible de présenter le sentier des ailantes qui nous rappelle que l'activité séricicole était ici importante ; cet arbre avait été introduit en Ardèche pour tenter d’acclimater, durant l’épidémie de la pébrine, une race de vers à soie différente du Bombyx du mûrier.

Le musée « Ma Magnanerie » expose les épisodes les plus marquants de l’histoire de la sériciculture. Dans une authentique magnanerie aménagée, la visite guidée permet de suivre l'évolution de vers à soie vivants, de l'oeuf au papillon. Ce musée est la mémoire d'une activité qui a profondément marqué l’Ardèche et ses habitants, essentiellement au XIXe siècle. À Lagorce, la sériciculture a perduré jusqu’en 1968. Un projet de rénovation est aujourd'hui en cours afin que le musée conserve la dynamique qui le caractérise.

Église de Lagorce - Côté nord

Église de Lagorce - Côté nord (Cliché Marine Roux)

Lagorce : Intérieur de l'église du XVIIe siècle

Intérieur de l'église du XVIIe siècle
(Cliché Michel Rouvière)

Dessin des trois églises superposées de Lagorce

Vue perspective « éclatée » des trois églises superposées de Lagorce
(Dessin de Micky Szekely, «  Les églises de Lagorce », Revue des Amis de l'histoire de Vallon-Pont-d'Arc)

 

 À proximité du musée, vous pouvez découvrir les « trois églises » de Lagorce. Trois constructions, mais une seule est visible dans le village. Il faut préciser qu'il ne reste que les ruines de la première église. Celle-ci existait au tout début du XVIe siècle et fut détruite pendant les « seconds troubles » des guerres de Religion. À la fin du XVIIe siècle et au même emplacement fut construite une nouvelle église. Mais, située en contrebas de la route, elle était inondée à chaque averse. En 1860, la construction d'une nouvelle église à côté de l'existante est envisagée. Finalement, le nouveau lieu de culte sera érigé au dessus de l'église du XVIIe siècle, s'appuyant sur ses fondations. Lors des travaux, un procès entre le curé de la paroisse et l'entrepreneur retarda l'achèvement de l'ouvrage. Le manque d'argent et l'impatience des fidèles empêchèrent l'édification du clocher tel que prévu dans les plans. Long et pointu dans le projet, c'est un clocher court et se terminant en « chapeau d'évêque » qui s'élève aujourd'hui sur l'église de Lagorce. C'est ce bâtiment qui est accessible depuis la route principale et qui accueille aujourd'hui les offices.

Située sous cet édifice du XIXe siècle, l'église du XVIIe siècle avait été un peu oubliée des habitants. Pourtant, l'espace offert par cet ancien lieu de culte est remarquable. La commune souhaiterait le transformer en salle culturelle et y accueillir des expositions, des résidences d'artistes, des spectacles etc. La Société de Sauvegarde est ici également associée au projet de rénovation ainsi que, bien évidemment, les « Amis de l'histoire de la région de Vallon ».

De nombreuses actions alliant les patrimoines et nos pratiques contemporaines sont possibles. Tous ces projets d'envergure très différente ne verront pas le jour simultanément, tous n'ont pas été ici évoqués et beaucoup de richesses restent à être exploitées. Les passionnés en seront ravis.

Marine Roux
Chargée de mission patrimoines à la mairie de Lagorce.