(1) Valladier-Chante Robert, Le Bas-Vivarais au xve siècle, E & R éditeur 1998.
(2) voir article de sœur Geneviève Couriaud sur le couvent et son rayonnement dans le monde dans le cahier n° 96 du 15-11-2007, association Mémoire d’Ardèche et Temps Présent.
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(3) Deirmendjian Anne, L'église Saint-Polycarpe à Bourg-Saint-Andéol, Mémoire de maîtrise, Université d'Aix-Marseille I, 1997.
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![]() Marques de tâcherons dans la crypte de l'église Saint-Polycarpe |
![]() Buste de saint Andéol placé dans l'église supérieure |
![]() Chapelle Saint-Polycarpe - Décor du portail |
4) Chaidaine Claude, « Les religieuses Ursulines de Bourg-Saint-Andéol (1618-1792) », Rev. Vivarais, 769 (janv.- mars 2007), p. 43-80 et 770 (avril-juin 2007), p. 111-143.
(5) « Un mariage au xviiie »,
Mme de Rochegude, 1910, publication dans la Revue Hebdomadaire.
« La marquise de Villevrain » 1729-1799,
lettres publiées par Mme Ricard, née de Rochegude et M Henry
de Longevialle, Revue du Vivarais, 1911-1912.
Hôtel Bonot de Villevrain - Décor de stuc de la cheminée de la grande salle - Détail |
Une autre page est consacrée à la visite de l'église Saint-Andéol
Ce samedi 24 avril, la Sauvegarde avait choisi Bourg-Saint-Andéol pour son Assemblée générale annuelle et pour effectuer la visite de quelques édifices remarquables. Cent-vingt adhérents étaient présents devant l’ancienne gare SNCF au moment de l’accueil assuré par le président Delubac et Marie-Paule Murphy, adjointe au maire chargée du patrimoine et de la culture ; Marie-Solange Serre, professeur d’histoire et responsable des archives municipales, après avoir évoqué Louis Pize dont la maison natale est toute proche, nous fit une présentation générale de l’histoire de la cité.
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En ce début de xxie siècle,
Bourg-Saint-Andéol se
présente comme une petite ville de moins de 8 000 habitants.
Sa population a tendance à baisser au profit des communes du canton,
conséquence
d’une forme de périurbanisation.
De façon classique,
le centre ancien est installé sur un
site de défense et de communication : un rocher au-dessus du
Rhône, au niveau d’un haut fond qui facilite la traversée
du fleuve. Sa situation est intéressante, elle appartient à la
petite région naturelle de la plaine de Pierrelatte qui s’étend
des défilés de Donzère au nord à ceux de Mornas
au sud, c’est-à-dire environ 25 km du nord au sud sur 7-8 km
d’est en ouest. Cet espace se situe au milieu de la vallée
du Rhône, axe majeur de communication et donc à mi-chemin entre
Lyon et Marseille.
Aujourd’hui, vous vous retrouvez à Bourg-Saint-Andéol en raison de son riche patrimoine ; c’est en effet la première commune d’Ardèche par le nombre de monuments classés ou inscrits, donc protégés. Cependant, sa richesse patrimoniale n’a rien d’exceptionnel par rapport aux autres petites villes de cette région ; Saint-Paul-Trois-Châteaux, chef-lieu de cité romaine puis siège épiscopal jusqu’à la Révolution, ne manque pas de monuments intéressants ; Bollène, au débouché du Lez, au nord du Comtat Venaissin, présente aussi de beaux édifices ; grâce à son pont médiéval, Pont-Saint-Esprit, autre ville rhodanienne, contrôle le franchissement du fleuve à sa confluence avec l’Ardèche et sa richesse commerciale marque encore le paysage urbain, notamment avec le remarquable bâtiment aménagé actuellement en musée d’art sacré.
![]() Les remparts |
L’occupation humaine de Bourg-Saint-Andéol est ancienne et
remonte au moins au néolithique, au iiie millénaire
av. J.C. environ, sur le plateau calcaire du Laoul, à l’ouest ;
on y observe la présence de plusieurs dolmens. La nécropole
des Géantes avec ses six sépultures a été fouillée
récemment par une équipe franco-allemande dirigée par
M. Pape et présente les trois types de dolmens qui existent en France.
Plus tard, toujours en hauteur, on repère deux oppida.
À l’époque
romaine, de riches villas se sont installées
plus bas, sur les collines. Une agglomération secondaire est attestée à l’emplacement
de la vieille ville ainsi qu’un temple de Mithra dans le vallon de
Tourne.
À partir des xie-xiie siècles,
la documentation plus abondante montre une cité dynamique, tournée
vers le Rhône
avec un commerce important ; on entrevoit une ville riche. D’après
les travaux de M. Valladier-Chante1 sur les Estimes
de 1464, pour le quart sud-est de l’Ardèche, la moyenne des
fortunes s’élève à 47
livres alors qu’à Bourg elle est de 76 livres ! De plus,
les deux premières fortunes sont bourguésannes et de très
loin. De nombreux monuments rappellent ce passé : les remparts,
les églises
romanes de Saint-Andéol et Saint-Polycarpe puis, plus tard, ce seront
le Palais des Évêques, les couvents des Visitandines et Ursulines,
les hôtels particuliers des xvie,
xviie et xviiie siècles.
Mais à travers cette évocation apparaît un autre caractère de la ville qui est la dimension religieuse, plus précisément catholique. La tradition y situe le martyre d’Andéol, vénéré comme l’évangélisateur du Vivarais ; les évêques de Viviers sont à l’origine de son culte au ixe siècle et de sa relance aux xie et xiie ; ils sont seigneurs de la cité depuis le Moyen Âge et y résident le plus souvent entre la fin du xvie siècle et 1742. Bourg-Saint-Andéol a été, de fait, le centre de la Réforme Catholique en Vivarais au xviie siècle.
La ville a souffert de la Révolution, perdant les riches terres de la rive gauche du Rhône et les nouvelles divisions administratives la coupent de ses liens naturels avec le sud, avec Pont-Saint-Esprit et le Languedoc plus particulièrement. L’Ardèche est désormais orientée vers le nord !
Alors qu’en France en général, le xixe siècle est marqué par la croissance démographique et l’urbanisation, Bourg-Saint-Andéol voit sa population stagner autour de 4 400 – 4 600 habitants. La cité compte cependant des activités florissantes comme les filatures de soie, les tanneries, les marbreries ; l’entreprise Bouvas a une réputation nationale et l’usine de carrelages Lauzun se développe en lien avec les ciments Lafarge. La ville est l’une des premières de France à bénéficier de l’électrification des rues en 1888 grâce aux revenus de la forêt du Laoul. Après la Révolution, les religieuses de la Présentation de Marie ont installé ici, dans l’ancien couvent de la Visitation, la Maison Mère de leur congrégation ; elles sont aujourd’hui présentes sur les cinq continents.
![]() Marie Rivier, fondatrice de la congrégation de la Présentation de Marie |
Au cours du xxe siècle, la ville a perdu peu à peu toutes ses activités industrielles et artisanales. Elle a aussi été profondément traumatisée par la tragédie du bombardement du 15 août 1944 par l’aviation américaine ; cette dernière voulait détruire le pont afin de gêner la retraite des troupes allemandes : elle a manqué le pont, mais meurtri la ville. On a dénombré 150 morts et de nombreux blessés pour une population d’un peu plus de 3 000 habitants et plusieurs quartiers de la ville ont aussi été détruits.
Aujourd’hui, l’évolution démographique de la commune est liée aux cycles d’activités de la vallée du Rhône, la construction des barrages, puis les usines atomiques ; désormais, le travail se trouve sur la rive gauche du fleuve, dans la plaine pierrelattine appelée « le Tricastin » où tout y dépend de l’industrie nucléaire. Cette plaine se situe dans un couloir de circulation de première importance à l’échelon national et européen, mais cette petite région est faible par manque d’unité ; en effet, elle est divisée administrativement en trois régions (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon) et quatre départements (Ardèche, Drôme, Gard et Vaucluse), ce qui l’éloigne des centres de pouvoir que sont Lyon, Marseille et Montpellier.
Le groupe conduit par Mlle Serre se dirigea ensuite vers ce qui reste
des remparts avant de parcourir la Grand Rue (le chemin droit de
la ville ancienne) et d’admirer quelques belles façades parmi
lesquelles celles de l’hôtel de la famille Bazalgette du Charnève
(xviie siècle)
et de la maison de Mme de Larnage qui doit sa renommée à sa
liaison avec Jean-Jacques Rousseau.
Tout à côté se trouvent
les écoles publiques
du Centre, à l’emplacement même où fut fondé le
premier collège religieux de la ville ; après une première
tentative par les Oratoriens en 1654, ce sont les Barnabites (clercs
réguliers
de Saint-Paul) qui vont faire la réputation de l’établissement,
ne le quittant que par obligation en 1790. Seul témoin de l’église
Notre-Dame de Lorette, une chapelle dédiée à saint
Charles Borromée (xviie siècle),
construite pour l’évêque
Louis de Suze, bienfaiteur du collège : servant aujourd’hui
de débarras, elle mériterait un bon rafraîchissement
avec la mise en valeur de ses piliers et de la voûte.
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Bureau et chambre de Marie Rivier | |
![]() Chapelle du couvent |
La matinée se termina par la visite du couvent de la Présentation de Marie ; après un accueil chaleureux dans la grande salle de réunion, sœur Geneviève2 retraça la vie de la fondatrice Marie Rivier et sa venue à Bourg-Saint-Andéol. Les participants, répartis en quatre groupes, purent pénétrer dans les jardins et admirer la grande façade, côté Rhône, récemment restaurée ; ils se rendirent ensuite à l’étage, dans la chambre et le lieu de travail de la fondatrice où se trouvent encore son lit et ses objets personnels ; après la chapelle du couvent, nombre d’entre nous furent impressionnés par la qualité des fresques qui ornent la crypte, lieu final de la visite. Chacun a pu constater l’excellent état des bâtiments et le rôle économique et social de l’établissement, premier employeur de la ville (lycée et maison de retraite).
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Couvent de la Présentation de Marie - Fresques de la crypte | |
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Le temps pressant, il fallut rapidement rejoindre notre lieu de restauration ; l’apéritif (offert par la mairie) fut pris dans la cour de l’établissement, sous un soleil printanier. Après les mots de bienvenue prononcés par le maire Serge Martinez, ce fut un moment solennel que celui de la remise de la médaille du département par Pascal Terrasse, député et président du Conseil général de l’Ardèche, à notre président Guy Delubac, récompensant dix années passés à la tête de la Sauvegarde.
Pascal Terrasse remet la médaille du Département à Guy Delubac, en présence du maire, Serge Martinez (Cliché D. de Brion)
Après le repas et l’assemblée générale, la visite se poursuivit en des lieux rarement ouverts, mais curiosité et découverte n’en furent que plus savoureuses.
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C'est saint Polycarpe, évêque de Smyrne, disciple de saint Jean, qui, selon la tradition, aurait envoyé le diacre Andéol en Gaule. L'église que nous voyons aujourd'hui est un édifice roman dont l'origine paraît remonter au deuxième quart du xiie siècle, mais qui a subi tant de transfomations qu'il est impossible à première vue d'en imaginer la structure initiale. Pourtant celle-ci, particulièrement intéressante, a pu être retrouvée, grâce notamment au travail de maîtrise d'Anne Deirmendjian, effectué sous la direction de Yves Esquieu. 3
Il s'agit d'une église à nef unique, voûtée en berceau légèrement brisé, avec arcs doubleaux et arcs de décharge latéraux. Mais l’organisation de l’espace y était très particulière.
Église Saint-Polycarpe - Plan et coupe longitudinale
ouest-est de l'édifice du XIIe siècle (restitution par Anne Deirmendjian) |
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Le chœur, probablement surmonté d'une coupole, était surélevé par rapport à la nef, dont le sol se situait bien au-dessous du niveau actuel et à laquelle on accédait à partir du portail par des escaliers. Formé d'un transept peu débordant et d'une abside semi-circulaire, ce chœur était construit au-dessus d'une crypte de plan tréflé. On atteignait celle-ci par deux escaliers ménagés dans l'épaisseur des murs nord et sud de la nef, accessibles par des portes s'ouvrant dans les murs occidentaux des bras du transept (voir le plan ci-dessus).
La construction de la crypte apparaît très soignée, en pierres de taille avec de nombreuses marques de tâcherons. Elle a certainement été construite pour abriter les reliques de saint Andéol, ce que tend à confirmer une inscription du xiie siècle, dans l’escalier nord, ainsi rédigée : « Sce Andeole intercede pro nobis ». L'église a été édifiée pour permettre la vénération de ces reliques, avec l’autel situé juste au-dessus de celles-ci. Au Moyen Âge, cette vénération est reliée à l’Eucharistie ; on veut bien affirmer ainsi que c’est le Christ seul qui sauve.
![]() La crypte était de plan tréflé, formée de trois absides semi-circulaires voûtées en cul-de-four ; malheureusement la partie centrale a été détruite et remplacée par un mur de parpaings. |
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![]() Plan actuel |
Mais les modifications ultérieures masquent complètement cette organisation primitive. À l'origine, l'intérieur du bâtiment formait un seul volume étroit et de grande élévation (voir la coupe ci-dessus). Or, à une époque indéterminée, il fut divisé en deux dans le sens de la hauteur par la création, au niveau du chœur, d'un plancher qui forme le sol de la nef actuelle. L'abside a été détruite et la nef a été ensuite prolongée jusqu’aux remparts, par la création de deux travées supplémentaires. Par ailleurs au xixe siècle, lors de la construction des quais, le sol du niveau inférieur de l'église a été surcreusé et se trouve actuellement à 1,84 m au-dessous de son niveau primitif. C'est à cette hauteur que se retrouvent par exemple la base des pilastres soutenant les doubleaux de la nef, qui se prolongeaient jusqu'au sol primitif.
En conclusion, selon Anne Deirmendjian, « L'église Saint-Polycarpe apparaît désormais comme un témoignage monumental du culte andéolien, dont le sarcophage n'est ainsi pas seul représentatif. À ce titre, elle mérite d'être plus largement connue car l'originalité de sa crypte de plan tréflé, la rareté de son choeur surélevé en font un monument unique dans la région et même exceptionnel en rapport des dimensions de l'édifice. C'est un exemple intéressant d'architecture entièrement suscitée par la liturgie qui s'y déroulait, toute entière élevée à la gloire d'Andéol ; si l'historicité du martyr a été niée, son culte n'en a pas été moins réel et le nom qu'il a laissé à la ville, à l'église principale et à nombre de localités environnantes le prouve. L'église Saint-Polycarpe, longtemps prise pour preuve de l'existence de saint Andéol est en réalité un superbe témoignage de foi et d'hommage rendu, envers celui qui restera dans la mémoire légendaire "l'apôtre du Vivarais". »
C'est sur la place devant la façade de l'Hôtel de Ville que
nous commençons l'évocation des religieuses Ursulines qui
se dévouèrent à Bourg-Saint-Andéol depuis leur
arrivée le 28 mars 1618 jusqu'à leur expulsion le 16 septembre
1792. Ces « Dames de Sainte Ursule » viennent du
couvent de Montélimar
et s'installent, tout d'abord, au nord de la ville. Elles s'y établissent,
selon la vocation de leur fondatrice, Angèle de Merici, pour assister
les personnes en difficulté et
surtout donner une éducation gratuite aux jeunes filles pauvres.
Elles ouvrent immédiatement une école qui a un grand succès :
vers 1630 elles ont une centaine d'élèves, sans compter
les jeunes pensionnaires qui logent dans le couvent. N'étant pas
cloîtrées, elles vont secourir les pauvres à domicile.
Mais les autorités religieuses voient d'un mauvais œil ces
femmes « libres » et font pression sur elles pour qu'elles
s'enferment dans un cloître. Elles obéissent en 1624 et se
consacrent ensuite surtout à leur rôle d'éducatrices.
Leur premier couvent est rapidement trop petit et, en 1622, elles achètent
une plus grande maison dans le quartier de Briançon, au sud-est du
bourg. Ce qui est maintenant une place est à l'époque un entassement
de maisons, chazals, étables et feniers, enfermés dans l'angle
des remparts et dominés par deux tours, la tour de Constance et la
tour des Grailles. Pour désenclaver leur couvent, elles achètent
peu à peu les maisons avoisinantes qui sont abattues et font place à leur
jardin, puis aux nouveaux bâtiments.
La construction du couvent se
fait en trois étapes principales : d'abord, de 1622 à 1627,
l'aile sud (Hôtel de Ville actuel).
Puis, de 1642 à 1651, l'aile ouest qui comprend surtout leur grande église.
Enfin, de 1682 à 1686, l'aile nord où logeront les pensionnaires.
Cette aile a une particularité : le chef d'entreprise qui l'édifie
est une femme, Bénigne Chalamel. Ce n'est donc qu'au bout de 64 ans
qu'elles ont achevé leur couvent, en fer à cheval autour du
cloître, celui-ci étant fermé sur le quatrième
côté par le rempart est de la ville.
Que reste-t-il de cet ensemble qu'admiraient les habitants de l'époque ?
Bien peu de choses sont encore visibles aujourd'hui. La façade
de la mairie, l'aile sud, a été entièrement remaniée
en 1891 avec ajout d'un perron monumental et d'une corniche. L'aile
nord, divisée entre plusieurs particuliers, a été utilisée,
entre autres, pour entreposer le matériel d'entretien du pont suspendu.
Quant à l'aile ouest, elle est abattue après le bombardement
du 15 août 1944 et laisse place à la rue.
Pour retrouver un
témoin de l'époque des Ursulines, il faut
descendre dans le sous-sol de la mairie. Là, semi-enterrée
depuis le relèvement du niveau de la place, subsiste la chapelle
qui a servi aux religieuses entre 1627 et 1651. Elle était ornée
de peintures sur un enduit de chaux (ou de fresques ?) représentant
des rinceaux de feuillage avec un cartouche dont on peut encore
lire une partie de l'inscription :
« Dans ce Temple Sacré [...] chantons les louanges [...] de la terre et des cieux [...] en ces saints lieux [...] avec les concerts des anges. »
Ces peintures très endommagées finissent de se dégrader et n'existeront probablement plus dans un proche avenir si aucune mesure de sauvegarde n'est entreprise.
On trouvera une étude très détaillée du couvent des Ursulines dans l’article de Claude Chidaine cité en référence 4 .
Grâce à la gentillesse des propriétaires, les portes de l’hôtel étaient largement ouvertes pour accueillir le groupe de la Sauvegarde. Ainsi nous avons pu visiter ce bâtiment ayant appartenu à une branche de la famille de notre ancien président.
![]() Hôtel Bonot de Villevrain |
Les Bonot sont présents à Bourg depuis la fin du xve siècle. Ils ont été successivement notaires, puis marchands de draps (seconde fortune derrière les Nicolay en 1464), hommes de loi avant de devenir nobles. Leur hôtel dans la Grand Rue a été agrandi et réaménagé au xviiie siècle à l’occasion du mariage d’Emmanuel de Bonot, marquis de Villevrain (par sa mère) avec Marie-Elizabeth Xavière Robert d’Aquéria de Rochegude, originaire d’Avignon, en 1748. C’était une alliance courante entre deux noblesses, l’une récente mais riche et l’autre ancienne mais désargentée.
Il s’agit d’un hôtel entre cour et jardin, plan habituel
dans le quartier du Marais à Paris et diffusé en Province.
Il se compose d’un corps principal et de deux ailes. On pénètre
dans la cour d’honneur par une porte en plein cintre décorée
de motifs floraux sur des cuirs enroulés. La porte du bâtiment
principal est mise en valeur par un perron avec des balustres en
forme de poires.
À l’intérieur, l’escalier d’honneur
affiche le rang social des propriétaires avec une superbe rampe en
fer forgé.
Celle-ci apparaît très ouvragée avec des feuilles d’acanthe
et des feuilles d’eau. Au centre, en fer repoussé, on retrouve
les initiales des Aquéria-Villevrain surmontées de la couronne
de marquis.
En montant par l’escalier, on accède à la
Grande salle qui semble plus ancienne, peut-être du xviie,
avec un plafond à la
française. Là se trouve une monumentale cheminée en
stuc à l’ornementation très chargée.
Malgré l’heure tardive, une bonne centaine de personnes étaient encore présentes pour cette dernière visite ; des participants attentifs aux commentaires éclairés de Marie-Solange Serre qui a su, tout au long de la journée, nous faire aimer sa ville. Qu’elle soit ici vivement remerciée, sans oublier sœur Geneviève et Claude Chidaine qui s’est passionné pour l’ancien couvent des Ursulines.